Jacques Bernier dit Petit-Pré 1661-1718

petitpreDe ce Jacques Bernier dit Petit-Pré, Mgr Cyprien Tanguay n’en parle point. Ni d’ailleurs le père Archange Godbout dans «Nos Ancêtres du 17è siècle». René Jetté, dans son «Dictionnaire généalogique des Familles du Québec» l’ignore également.

Il y a une explication très plausible et logique. Jacques Bernier ne s’est pas marié au Canada, de sorte qu’aucun acte officiel n’a pu l’enregistrer dans les registres d’état civil.

Comme les deux autres BERNIER qui vont suivre, c’est Marcel Fournier, dans son «Dictionnaire des Bretons en Nouvelle-France 1600-1765» qui mentionne trois BERNIER provenant de la Bretagne; Jacques Bernier dit Petit-Pré, François Bernier dit Saint-François et encore Jacques Bernier dit Laplante. Comme ils sont réellement venus mourir en Nouvelle-France, même s’ils n’y ont point laissé de descendance, il est convenable et de bonne guerre de les considérer dans une oeuvre historique et généalogique comme celle-ci.

Jacques Bernier dit Petit-Pré est né en 1662. Il signe Benier. A sa sépulture, on le dit né en 1662 ou 1665, de la paroisse Saint-Germain, ville de Rennes, en Bretagne. Il avait 57 ans environ.

Le 1er mars 1715, il est hospitalisé à l’Hôtel-Dieu de Québec pour une période de trente jours. Il décède à l’hôpital le 17 mai 1719. Dans la chronologie séquentielle des registres de l’Hôtel- Dieu, il porte le numéro 891. (L’Ancêtre, vol. 1, page 307).

Au sujet des Bretons qui sont venus en Nouvelle-France, selon Roland-J. Auger, dans la préface du volume de Marcel Fournier, référé ci-dessus, il loue l’auteur d’un travail aussi magistral. «Grâce à lui, la Bretagne a maintenant son répertoire des Bretons venus au Canada». Et comme l’écrit Marcel Fournier, «Les premiers Français qui touchèrent les côtes de l’Amérique du nord furent des pêcheurs bretons. Déjà, en 1504, leurs navires de pêche sillonnaient les côtes de Terre- Neuve pour y pêcher la morue. Depuis Saint-Malo, Brest et Saint-Nazaire, ces hardis bretons venaient à chaque année tirer leur subsistance de ces eaux».

Et l’auteur ajoute: «Malgré tout, quatre ports de Bretagne ont joué un rôle non négligeable dans la colonisation de la Nouvelle-France. Saint-Malo a vu le départ de Jacques- Cartier pour y découvrir le Canada en 1534: plusieurs bateaux de pêche faisaient la navette entre les deux continents. De Saint-Nazaire est partie la Recrue de 1653 pour Montréal, et de Nantes,d’autres vaisseaux marchands ont été affrétés pour l’Amérique. Enfin, c’est du port de Brest que se fit entre 1755 et 1758, l’embarquement des troupes françaises venues défendre le Canada contre l’envahissement des Anglais».

«En voilà suffisamment pour montrer l’importance de la Bretagne pour le Canada. On a souvent pensé que les Bretons ne représentaient qu’une infime proportion d’émigrants chez nous, quelques centaines tout au plus. Or, l’étude de Monsieur Fournier montre au contraire que près de seize cents Bretons sont venus en Nouvelle-France sous le régime français».

Jacques Bernier dit Petit-Pré serait venu comme pêcheur ou avec un régiment de soldats en Nouvelle-France. Il a voulu sans doute s’établir ici après son service maritime ou militaire. Par blessure ou maladie, sa santé ne lui a pas permis ses espérances de laisser une descendance dans ce
nouveau pays.